fantasy island

2019, Kunst(zeug)haus Rapperswil-Jona

fantasy island

Born at a time when the world was vast and little-known, a moral tale rather than an adventure novel, a caricature of the Protestant man who, despite his isolation, cannot do without clothes to affirm the civilised man he is, and of the good savage who is resigned, nonchalant and obligingly grateful, Robinson Crusoe has unfortunately crossed the ages.

This ethnocentric vision, this utopia of self-sufficiency, seems naive and almost indecent today. But the myth endures and, despite our knowledge of the many conflicts and natural disasters around the world, our imagination is saturated with images of wonderful, lush, peaceful places. The world has been discovered and mapped out in minute detail, but we persist in imagining adventure and use the world as a playground. On the other hand, is our opulent reality the dreamy, wonderful world of other humans whose reality is quite different?

I’m proposing an installation that contrasts our persistent vision of a peaceful and wonderful elsewhere with the brutal reality for many people. The material supports are extremely fragile porcelain pieces. Hollow surfaces, the residual receptacle of our opulence or the remnants of societies destroyed by conflict or environmental disaster.

On one side, digital images of heavenly places scroll past, projecting their reflection onto a single porcelain piece. On the other, several porcelain pieces bear materialized images of scenes of exile or destruction.

FR

Né d’une époque où le monde était vaste et peu connu, conte moral plus que roman d’aventure, caricature de l’homme protestant qui, malgré son isolement ne peut se passer de vêtements pour affirmer l’homme civilisé qu’il est, et du bon sauvage résigné, nonchalant et obligatoirement reconnaissant, Robinson Crusoé  traverse les époques.

Cette vision ethnocentrée, cette utopie d’autosuffisance nous paraît naïve et aujourd’hui presque indécente. Mais le mythe perdure et, malgré notre connaissance des nombreux conflits et catastrophes naturelles à travers le monde, notre imaginaire est saturé d’images d’ailleurs merveilleux, luxuriants et paisibles. Le monde est découvert, cartographié dans ses moindres détails, mais nous persistons à imaginer l’aventure et usons du monde comme d’une place de jeu. A contrario, notre réalité opulente est-elle le monde rêvé et merveilleux d’autres humains dont la réalité est toute autre ?

Je propose un dispositif opposant notre vision persistante d’un ailleurs paisible et merveilleux à la réalité brutale pour déjà nombre d’individus. Des pièces en porcelaine d’une extrême fragilité en sont les supports matériels. Surface creuse, réceptacle résiduel de notre opulence ou vestige de sociétés détruites par les conflits ou catastrophes environnementales.

D’un côté, des images numériques d’ailleurs paradisiaques défilent, projetant leur reflet sur une pièce en porcelaine unique. De l’autre, plusieurs pièces en porcelaine portent des images matérialisées de scènes d’exile ou de destruction.

technique: porcelaine coulée, estampée – émail, décalques