l’état de la matière

premier jour de montage

Théâtre Nuithonie, Villars-sur-Glâne/Fribourg

Intervention artistique « in situ », en dialogue avec l’architecture du lieu, en particulier l’espace menant à la salle Mummenschanz, dit « couloir pas perdus ».

Visible du 1er novembre au 6 février 2022, les soirs de représentations et aux heures d’ouverture du restaurant Le Souffleur.

Deutsche übersetzung hier.

rencontre

L’oeuvre est là parce que l’on va au théâtre. Ainsi, je vous propose, en lieu et place d’un grandiose vernissage, plusieurs moments de rencontre. Ces moments précèdent des représentations, si vous souhaitez poursuivre. 

Je serai présente:
Vendredi 12 novembre, entre 18h30 et 19h45
Samedi 27 novembre, entre 15h30 et 16h45
Vernissage Dimanche 12 décembre entre 15h30 et 17h30 (Vin chaud et marrons sur le parvis)
Vendredi 21 janvier, entre 18h30 et 19h45
Un pass covid est exigé pour entrer dans le théâtre.

©Thomas Telley

intention

Cet immense mur en béton brut m’a toujours impressionnée. En analysant l’architecture du lieu, on comprend que le grand volume qui contient la petite salle, les ateliers et une salle de répétition est désaxé par rapport au plan du bâtiment, produisant ainsi un effet de perspective accentué. L’espace qui en résulte, espace de déplacement, de transition, m’a inspiré.

Face aux défis actuels, autant environnementaux que sanitaires, de grands changements sont inéluctables. Des changements de comportement, d’habitudes, mais aussi de disposition d’esprit. Dans notre quotidien, où la vitesse est tyrannique, nous ne faisons que réagir à ce qui se présente et exige une réponse immédiate, pragmatique. Nos esprits s’échauffent et nos corps s’oublient. Le théâtre, comme toute autre forme d’art, nous contraint à ré-orienter notre attention, à laisser la place aux émotions, à ressentir physiquement, à changer d’état. Il nous faut recevoir, prendre le temps de voir, d’écouter et d’assimiler.

« L’état de la matière » apporte une dimension organique à ce changement de disposition d’esprit qui s’opère lors de notre déplacement dans ce couloir des pas perdus vers la salle Mummenschanz.

De simples lignes d’argile, fragiles, d’un matériau extrait localement, médium archaïque, imposent une présence formelle discrète en contraste avec le béton, massif, matériau de la construction endémique contemporaine. La production de ces petits traits d’argile, émanations du geste, engage le corps; l’idée se matérialise dans quelques kilos d’argile et la différence de température de cuisson seule permet d’obtenir différents états du même matériau.

Oeuvre « in situ », elle n’est pas autonome mais s’intègre intimement dans l’architecture pour réveiller notre attention à l’espace.

L’horizontalité nous accompagne au fil de notre déplacement, suivant le motif dominant des lignes de coffrage du béton; une certaine tension se crée avec la densité de la présence des éléments et leurs différentes matérialités, accentuant l’effet de perspective et la sensation de vitesse.
Puis, en changeant d’espace, une rupture. Le regard est attiré vers le haut; les lignes ont changé d’orientation, comme nous avons changé d’état.

technique

Argile de la carrière de Wallenried-FR, exploitée par la briqueterie de Guin.
(Tuileries Fribourg & Lausanne SA)

La dimension, la couleur et l’état de vitrification varient en fonction de la température de cuisson, entre 960° et 1160°.

L’intervention est constituée de 426 éléments façonnés avec à peine 9 kg d’argile.

Merci !
à la Fondation Equilibre-Nuithonie et
aux Tuileries Fribourg & Lausanne SA
pour leur soutien.