melting pot

Il s’est passé quelque chose, rien d’extraordinaire…

Source des premiers artefacts dans la plupart des groupes humains, la céramique témoigne de l’immense variété des créations culturelles à travers le temps. Elle est un marqueur immuable dans des sociétés en perpétuel mouvement dont les différentes cultures se mélangent et se dissolvent. Façonner et cuire l’argile, transforme la nature en culture. Tout dans la céramique nous parle de l’humain, de son existence dans le temps et l’espace, de sa condition éphémère.

L’utilisation de l’argile, dans sa forme de matière première, nous ramène à l’archétype commun, mais elle figure également l’exploitation excessive et irresponsable des ressources naturelles et la dématérialisation de notre mode de vie contemporain. Aujourd’hui, l’espace virtuel hyper-connecté déplace les marqueurs culturels dans des non-lieux. Nous migrons vers des espaces fluides alimentés par des artefacts immatériels dont la production et la distribution, de façon tout à fait paradoxale, engendre une utilisation massive et incontrôlée de matières premières.

Le déplacement du matériau dans l’espace du musée intègre une matérialité et une temporalité intrinsèque à l’œuvre. Celle-ci ne prend forme qu’en s’appuyant sur l’architecture du lieu, elle n’existe qu’à un moment et dans un lieu donnés.

L’oeuvre nous met en mouvement, générant ainsi le sentiment de l’espace. Notre déplacement dans l’espace du musée est un cheminement, ignorant la ligne droite, qui relie le corps, l’esprit, l’espace et le temps. Le musée devient un espace existentiel, un lieu d’expérience, un lieu habité.

La nature de l’oeuvre n’est pas à voir mais se situe dans le mouvement qu’elle enclenche. Une réponse au lieu, une résistance à la vitesse et à la dématérialisation.

Something happened, nothing extraordinary…

As the source of the first artefacts in most human groups, ceramics testify to the immense variety of cultural creations through time. It is an unchanging marker in societies in perpetual movement, whose different cultures mix and dissolve. Shaping and firing clay transforms nature into culture. Everything in ceramics speaks to us of the human being, of his existence in time and space, of his ephemeral condition.

The use of clay, in its form as raw material, brings us back to the common archetype, but it also figures the excessive and irresponsible exploitation of natural resources and the dematerialization of our contemporary way of life. Today’s hyper-connected virtual space displaces cultural markers into non-places. We are migrating to fluid spaces powered by immaterial artefacts whose production and distribution, quite paradoxically, generates a massive and uncontrolled use of raw materials.

The displacement of the material into the museum space integrates a materiality and a temporality intrinsic to the work. The work only takes shape by relying on the architecture of the place, it only exists at a given moment and in a given place.

The work sets us in motion, generating a sense of space. Our movement in the museum space is a journey, ignoring the straight line, which connects body, mind, space and time. The museum becomes an existential space, a place of experience, an inhabited place.

The nature of the work is not to be seen but lies in the movement it sets in motion. A response to place, a resistance to speed and dematerialization.

Translated from french.

Croquis d’intention
Montage
Détail, in-situ

Installation in-situ au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, du 18 septembre 2022 au 5 mars 2023.
Dans le cadre des expositions organisées en marge du 50ème congrès de l’Académie internationale de la céramique, en septembre 2022 à Genève.